Philippe Cochet



Député de la 5è circonscription du Rhône - Maire de Caluire et Cuire

 

      


Le Progrès:"Indemnités des élus de la Métropole:la hausse qui crée la polémique."

Des réunions, des commissions, des rencontres sur le terrain… La vie d’élu, si tant est qu’elle soit consacrée à son mandat, n’est pas une partie de plaisir. Pour exercer ce mandat, ils reçoivent, non pas une rémunération, mais une indemnité de frais de mandat. Que l’on soit dans l’opposition ou la majorité, dans l’exécutif ou simple spectateur discret de la vie publique, la fonction d’élu se vit de mille façons. Trouver la juste indemnité, qui plus est dans une période de crise, relève d’un exercice d’équilibriste.

A la Métropole, ces indemnités viennent justement de grimper de 20 %. Une hausse justifiée, selon ses promoteurs, par la charge de travail qu’implique un mandat métropolitain. Dans le même temps, la majorité votait une hausse de la fiscalité locale de 5 %. Une mauvaise équation pour les près de 45 000 signataires d’une pétition qui réclame l’abrogation de la mesure. Il n’en sera rien. A moins que les actions initiées par l’opposition UMP n’aboutissent.

Voilà ce que perçoivent les élus métropolitains : le président touchera 4 888 € bruts mensuels, les 25 vice-présidents gagneront 2 675 € , les 24 membres de la commission permanente percevront 2 444 €. Enfin, les 115 conseillers seront rémunérés à hauteur de 1 300 € brutspar mois. Pour une collectivité qui rappelons-le, gère un budget de trois milliards d’euros avec 8 000 agents.

Une hausse de 20 % effectivement. Mais il faut garder à l’esprit qu’avec la naissance de la Métropole, les conseillers généraux ont disparu sur le territoire du Grand Lyon. C’est ainsi près d’une quarantaine d’élus qui disparaissent, et leurs indemnités avec. Résultat, une économie d’environ un million d’euros chaque année.

« Cette attitude irresponsable de la part d’élus incapables de faire face à la crise actuelle nous paraît inacceptable, par principe », explique Thierry Cascales, qui a lancé la pétition il y a trois mois furieux d’une hausse concomitante des impôts de l’ordre de 5 %.

Un sujet éminemment politique dont s’est saisie l’opposition UMP qui considère en outre cette hausse illégale. Une hausse attribuée notamment aux membres de la commission permanente, dont a été exclue l’opposition, « pour leur engagement à voter les rapports et renforcer une majorité très vacillante », insiste Philippe Cochet, le président du groupe Ensemble pour la Métropole.

« La quantité de travail demandée aux élus, en semaine, le soir, les week-ends, tout au long de l’année, est énorme expliquait de son côté en séance Thérèse Rabatel, (Lyon gauche solidaire). Et que la variété des situations de chaque élu-e est très importante : actif ou à la retraite, avec ou sans enfants, fonctionnaire ou du secteur privé, etc. […]. Si l’on n’indemnise pas correctement les élu-es, on favorise la recherche du cumul des mandats, le recrutement de personnes ayant des moyens financiers ou étant à la retraite, et bien sûr le manque de temps pour assumer ses fonctions. Certains reprochent aux élus de n’être pas assez présents, conclut-elle, mais ils ne veulent pas payer le temps que les élus consacrent à leur fonction ».



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