Vous êtes maire et député, et candidat pour les prochaines Législatives. Avec la loi sur le non-cumul des mandats, quel poste allez-vous choisir ?

« Une loi a été faite, une autre loi peut la défaire. À mon avis, la loi évoluera, parce que c’est une erreur majeure. Le nombre d’élus va exploser, ça va coûter plus cher et cela va créer des députés ou des sénateurs qui n’ont pas d’ancrage local, des élus hors-sol. L’Assemblée nationale ne doit pas ressembler au Parlement européen, totalement déconnecté des réalités. Moi, je reste favorable à deux mandats. Tout est une question d’organisation. Il y a des gens qui ne font qu’une seule chose et qui sont débordés. »

Mais la loi est votée. Quel choix ferez-vous ?

« Je donnerai ma position quand je serai sûr qu’elle sera appliquée. Mais je n’envisage pas qu’on ne revienne pas sur cette loi. »

Votre mandat s’achève. Sur quels dossiers avez-vous été particulièrement actif ?

« Je fais partie de la commission des affaires étrangères et j’ai beaucoup travaillé sur le dossier de l’Iran et la levée des sanctions. L’Iran est une grande nation et peut être facteur de stabilité dans cette région. L’international, c’est primordial. La France a aussi un rôle majeur à jouer en Afrique, qui devrait bénéficier d’un plan Marshall pour se développer. Parce que nous ne sommes qu’au début des problèmes de flux migratoires.

Quant au niveau national, en tant que député de l’opposition, j’essaie de limiter les erreurs au mieux. Sur le mariage pour tous par exemple, je me suis fortement engagé. La gestation pour autrui ou la procréation médicalement assistée me posent problème. François Fillon ne reviendra pas sur le mariage homosexuel, mais tout sera fait pour empêcher la filiation entre deux hommes ou deux femmes. »

François Fillon a été désigné candidat sur un programme très libéral, cela vous inquiète ?

« Je n’ai aucun problème avec son programme. Mon origine politique, c’est le parti Démocratie libérale, donc ça me va très bien. Seulement, dès que l’on parle de libéral, les gens disent ultra-libéral, c’est un bon moyen de ne discuter de rien. »

François Fillon envisage de gouverner par ordonnance. Qu’en pensez-vous ?

« Cela va mettre un peu le Parlement en retrait, mais ça permet d’aller beaucoup plus vite. Un électrochoc est indispensable. S’il reçoit l’onction du peuple français, il pourra mettre les choses en place, en évitant les systèmes bêtabloquants, ces forces qui bloquent tout systématiquement. »

Que pensez-vous de la proposition (1) de François Fillon sur la Sécurité sociale ?

« La Sécurité sociale, c’est quelque chose d’extraordinaire. Mais à force de déresponsabiliser les gens, ils finissent par penser que la santé, c’est gratuit. Pour les petits bobos du quotidien, la responsabilisation me semble logique. On ne peut pas continuer à fonctionner comme si tout était gratuit. »

Il y a, en France, un problème majeur : beaucoup de gens n’arrivent plus à vivre de leur travail. Une hausse de + 2 % de la TVA n’aggraverait-elle pas encore plus les choses ?

« La hausse de la TVA doit financer une baisse des charges, qui doit favoriser la croissance et l’emploi. La croissance ne passera que par l’entreprise. »

Les baisses de charges de 41 milliards d’euros du Crédit d’impôt pour la Compétitivité et l’Emploi ne semblent pas avoir créé beaucoup d’emplois.

« Il faut une baisse des charges, mais aussi plus de fluidité pour les contrats de travail : c’est ce qui permet de retrouver une souplesse et une dynamique économique. J’ai travaillé en Angleterre : on n’a aucune garantie, mais on a une vraie fluidité. On redevient acteurs de notre vie. Si on perd son boulot, on doit pouvoir en retrouver un très vite. Il faut regarder ce qui se passe à l’étranger. En France, nous avons un chômage endémique important : il faut lutter contre ça. »

Qu’est-ce que vous voudriez défendre si vous êtes réélu ?

« Mettre en avant la responsabilité, libérer notre économie des carcans qui l’étouffent. Faire en sorte que les gens soient reconnus et non pas matraqués fiscalement. Respecter les territoires en assouplissant la loi SRU sur les logements sociaux, par exemple. Renforcer notre capacité militaire, car nous avons un problème de sécurité nationale. Puis remettre de la fluidité dans le travail pour relancer l’économie. Sortons du dogmatisme, rentrons dans le pragmatisme. »

Note (1) Le candidat Franois Fillon propose de « focaliser l’assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l’assurance privée sur le reste ».

Propos recueillis par Laurence Loison et Geoffrey Gaye